Accusé de spammeur ses utilisateurs avec de la pub, Google est attaqué devant la Cnil

1661498373-4665-card.jpg

Matériel de nouvelles Accusé de spammeur ses utilisateurs avec de la pub, Google est attaqué devant la Cnil

Google fait l’objet d’une plainte déposée auprès de la Cnil, qui s’occupe de protéger la vie privée des internautes en France. C’est le service Gmail qui est concerné par cette nouvelle affaire : on vous explique tout.

L’adage « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » est toujours d’actualité sur Internet. Et Google propose énormément de services gratuits aux internautesce qui a certaines conséquences, notamment dans le domaine de la vie privée. Aujourd’hui, c’est Gmail, le service de messagerie de Google, qui se retrouve visé par une plainte déposée par l’association autrichienne Noyb (pour « Non of your Business ») auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Des mails publicitaires envoyés sans autorisation

Noyb accuse Google d’envoyer « aux utilisateurs de Gmail des courriers électroniques non sollicités directement dans leur boîte de réception »dans l’optique de servir les intérêts d’entreprises qui sont clientes de son service publicitaire. Ces mails sont notamment identifiables par le biais d’un macaron vert dans lequel est inscrit « annonce », ce qui confirme leur positionnement publicitaire.

Un exemple donné dans la plainte de Noyb.

Accusé de spammeur ses utilisateurs avec de la pub, Google est attaqué devant la Cnil

L’association estime que Google aurait, ainsi, enfreint la directive 2002/58/CE du 12 juillet 2002 relatif au traitement des données à caractère personnel et à la protection de la vie privée. Cette dernière, aussi connue sous le nom de « directive européenne e-Privacy », interdit notamment aux entreprises d’envoyer des emails publicitaires à leurs utilisateurs, au moins que ces derniers aient donné leur autorisation au préalable. Ou, dans ce contexte, Google semble manoeuvrer sans autorisation.

Via ses accusationsNoyb demande donc à la Cnil de mener l’enquête en vue de déterminer si Google est coupable ou non d’une infraction en ce sens. Pour l’heure, la firme de Mountain View n’a pas souhaité commenter cette situation.

Noyb, la bête noire de Google en Europe

On peut traduire l’acronyme de Noyb par « Ce ne sont pas vos affaires » dans la langue de Molière. Cette association a été fondée par Max Schrems, un militant autrichien qui s’est déjà attaqué à Google, mais aussi à Facebook par le passé. Elle est active un peu partout en Europe. En France, elle a soldé à faire condamner Google à 50 millions d’euros d’amende par la Cnil en 2019 : cette affaire concernait Android, et le fait que l’entreprise américaine n’était pas assez transparente concernant l’exploitation des données personnelles de l’utilisateur du système d’exploitation. Depuis, Google a changé son fusil d’épaule sur ce sujet.

La Cnil est très sensible aux problématiques de ce genreet il ne serait pas surprenant que la commission française diligente une enquête pour « déterminer qui est l’expéditeur des e-mails publicitaires Gmail, quelles données sont nécessaires et conservées par ces expéditeurs et Google, et comment ces expéditeurs peuvent rapporter la preuve du consentement des expéditeurs »comme le demande Noyb.

Reste désormais à savoir si une enquête aura lieu. Si tel était le cas, cela pourrait entraîner des changements sur la manière dont Google rentabilise la présence de Gmail en Franceet offrir aux utilisateurs du service une meilleure protection de leur vie privée.

Facebook
Pinterest
Twitter
LinkedIn
Email