Alcoolisme, montée en gamme : la bière change d’image auprès des jeunes

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Société » Selon l’Association suisse des brasseries, 4,44 millions d’hectolitres de bière ont été bus en Suisse dans le courant de l’année 2021. Une tendance à laquelle le canton de Fribourg ne pourrait échapper. La région, par sa forte influence germanophone, a après tout été un ancrage important de la bière en Romandie. «Historiquement, la bière a toujours eu deux grands clients : les ouvriers et les étudiants», explique Loïc Blancpain, président de la Fondation Blancpain pour le maintien des traditions de la brasserie, qui rappelle les liens étroits entre bière et jeunesse.

La bière reste un breuvage accessible, bon marché, même si la boisson est connue une certaine montée en gamme depuis la venue des prestigieux maîtres brasseurs bavarois en Pays fribourgeois : « La bière devient gastronomique. On va apprécier de déguster une bière comme on le fait avec du vin. On se base de plus en plus sur la qualité et l’émotion plutôt que sur la quantité », explique Loïc Blancpain.

«Historiquement, la bière à toujours eu deux grands clients : les ouvriers et les étudiants»

Loïc Blancpain

Ce changement de statut est également perçu par la jeunesse : « Il y a une explosion de microbrasseries en même temps qu’une réflexion sur la mise en valeur de la bière. Il y a maintenant des biérologues et plein de gens peuvent acheter des kits pour leur propre bière. On commence à beaucoup différencier les bières», note Kolia Magnin, 23 ans, étudiante en sciences de la Terre à l’Université de Fribourg et elle-même amateur du breuvage. De la bière blanche à la brune en passant par la rousse ou l’ambrée, la sélection de bières n’a fait que s’allonger au cours de la dernière décennie.

Alcoolisme et jeunesse

Si, selon l’Office fédéral de la statistique, les Suisses boivent deux fois moins qu’en 1992, les adolescents et les jeunes adultes ont tendance à se livrer à des ivresses ponctuelles. Ils boivent moins fréquemment mais quand ils le font, c’est pour se «mettre des mines» comme le veut l’expression consacrée. «Quand on est plus jeune, on a une consommation très festive de l’alcool, on cherche peut-être plus systématiquement à s’enivrer. Cela vient notamment du fait que les jeunes recherchent leurs limites, d’autant plus que l’influence sociale joue un grand rôle», juge Kolia. A ces ivresses ponctuelles, Loïc Blancpain oppose d’autres pratiques comme le « smart drinking » par exemple, qui consiste à boire une ou deux bières de qualité pour passer ensuite à des bières sans alcool.

Dans un monde où les discours marketing, préventifs et scientifiques expriment des opinions parfois contradictoires, Loïc Blancpain s’inquiète d’une certaine confusion chez les jeunes : « Je milite pour un alignement des discours. Au fond, ce que je garderais pour les jeunes, c’est une amélioration du niveau d’information.» Un développement qui semble probable tant que les pratiques autour de la consommation de la bière ont évolué.

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