Cora est le premier distributeur à abandonner totalement les prospectus en papier

177042.jpg

Au centre de l’arsenal marketing de la grande distribution, le prospectus est conservé un gouffre écologique et aujourd’hui financier.

Cora France passe le cap : finissez le prospectus papier pour vanter les promotions et les nouveautés. Une décision assez courageuse étant donné le poids de ce support dans les outils marketing promotionnels de la grande distribution et leur chiffre d’affaire (20% selon Nielsen).

Mais ces tonnes de papier imprimés tout au long de l’année sont aussi une aberration écologique. Et ont un coût.

Après un test d’un an dans sept hypers, la disparition de ce support sera effective dans tous les magasins de l’enseigne à partir du 10 janvier prochain, annonce Cora ce jeudi.

« À l’aube de 2023, nous sommes fiers d’annoncer la mise en place de ce dispositif inédit. renvoyait vers l’ensemble des dispositifs digitaux de l’enseigne (catalogue digital, dispositifs ad hoc via Facebook ou WhatsApp) », explique Ludovic Châtelais, Directeur Général Cora France.

Une économie de 15.500 tonnes de papier par an

Et de préciser que cette initiative permettra une économie de 15.500 tonnes de papier par une utilisation pour fabriquer 260 millions d’exemplaires de ces prospectus.

A partir de janvier prochain, les clients pourront retrouver une version digitalisée et interactive du catalogue sur le site de l’enseigne et via des supports dédiés comme ceux de Bonial et Tiendeo.

Pour compenser cette disparition, les offres promotionnelles, les vecteurs essentiels pour attirer du monde en magasin, seront diffusés via des formats numériques comme les bannières enrichies sur Facebook et Instagram. Les offres phares de la semaine seront mises en avant grâce aux campagnes d’affichage et en radio poursuivront le distributeur.

Une efficacité qui baisse

Si le volet écologique a pesé, l’inflation sur le papier explique aussi cette décision tout comme une efficacité en baisse

« L’appétence des clients n’est plus la même, il suffit de voir pour s’en convaincre le taux d’apposition des autocollants « Oui Pub » dans les zones concernées… Donc, un média plus cher et moins efficace, indique ça interroge… Sans compter qu’il y a aussi des questions sur la pérennité à long terme de cette activité de distribution de prospectus », explique Ludovic Châtelais sur le blog du spécialiste de la distribution Olivier Dauvers.

Rappelons que depuis le 1er septembre 2022 dans une quinzaine d’agglomérations françaises et jusqu’au 30 avril 2025, les 2,6 millions de Français ne reçoivent pas de catalogues papier et autres publicités dans leur boîte aux lettres, sauf s’ils ont apposé une mention explicite, le fameux « Oui Pub ».

Reste la question des conséquences sur le chiffre d’affaires de cet arrêt.

La concurrence se retire doucement du papier

« La vélocité de ces hypers (leurs indicateurs comparés à la moyenne du réseau) est positive. Cela nous a convaincu qu’arrêter la distribution de prospectus n’est pas pénalisant pour le commerce. Ce qui est le point essentiel sur lequel on n’ n’allait pas prendre de risque », poursuit le dirigeant.

« Les hypers qui testent cette vie sans prospectus depuis un an ne s’en portent pas plus mal. Ça aide à prendre la décision pour tout le réseau », assure Ludovic Châtelais.

Si Cora est le premier à agir une disparition totale, d’autres grandes enseignes entament doucement leur retrait du prospectus papier. De manière partielle comme chez Franprix, Monoprix et Carrefour, premier diffuseur de prospectus en France avec 900 millions d’exemplaires par an, qui n’en distribue plus que dans trois communes (Paris, Lyon et Villeurbanne) préférant s’appuyer sur les SMS , les mails et les réseaux sociaux.

Quant à Leclerc, Auchan et Super U, ils conduisent actuellement des tests dans des zones spécifiques afin d’évaluer les conséquences d’une telle décision.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business

Facebook
Pinterest
Twitter
LinkedIn
Email