Guerre en Ukraine : Poutine signe deux lois pour renforcer l’engagement sur le front, Charles Michel pour l’accueil des Russes en fuite

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Ces amendements au Code pénal, qui avaient été votés par le Parlement cette semaine, ont été publiés sur le portail légal du gouvernement et sont donc entrés en vigueur.

Ils valent notamment des peines allant jusqu’à 10 ans de prison pour les soldats qui désertent, se rendent « sans autorisation » à l’ennemi, refusent de combattre ou désobéissent aux ordres en période de mobilisation.

Les actes de pillage sont également punis de peines allant jusqu’à 15 ans de prison.

Ces changements législatifs interviennent alors que la Russie a décrété cette semaine une mobilisation partielle des réservistes pour combattre en Ukraine, où les forces de Moscou ont essuyé des revers ces dernières semaines.

Cet ordre de mobilisation, qui concerne selon les autorités 300.000 personnes, a provoqué l’inquiétude de nombreux Russes, certains concernés de quitter le pays.

Soudoyer pour mieux mobilisateur

Au moment où Moscou cherche par tous les moyens à recruter plus d’hommes pour aller au front en Ukraine, M. Poutine a également signé samedi une loi qui facilite l’accès à la nationalité russe pour les étrangers s’engageant dans l’armée .

Selon cette loi, elle aussi publiée sur le portail légal du gouvernement, les étrangers qui rejoignent l’armée pour une durée d’au moins un peut demander la nationalité, sans avoir à justifier des cinq ans de résidence sur le territoire russe normalement requis .

Cette mesure semble s’adresser en premier lieu aux immigrés issus des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, qui occupent dans les grandes agglomérations, comme Moscou, les métiers les plus pénibles.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a d’ailleurs annoncé mardi l’ouverture prochaine d’un bureau de recrutement au sein même du tentaculaire centre administratif de Sakharovo, lieu de passage obligatoire pour les migrants.

Avant même la signature de la loi par M. Poutine, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan avaient appelé cette semaine leurs ressortissants à ne prendre part à aucun conflit.

Un appel d’air en Europe

En parallèle, Charles Michel s’annonce favorable à l’accueil de ressortissants russes. Le président du Conseil européen, estime que l’Union européenne devrait accueillir ceux qui cherchent à fuir la mobilisation militaire partielle dans leur pays, at-il déclaré dans une interview accordée à Politico. Les ambassadeurs de l’UE discuteront lundi des options envisageables.

Charles Michel a ajouté que l’Union européenne devait faire preuve d’« ouverture à l’égard de ceux qui ne veulent pas être instrumentalisés par le Kremlin ». « Je pense que l’UE devrait accueillir ceux qui sont en danger en raison de leurs opinions politiques. Si, en Russie, des personnes sont en danger en raison de leurs opinions politiques, parce qu’elles ne suivent pas la décision folle du Kremlin de mener cette guerre en Ukraine, nous devons en tenir compte », a vaincu le président du Conseil européen .

Les ambassadeurs de l’UE doivent s’entendre lundi sur la manière de traiter la question des Russes fuyant la mobilisation des réservistes. Certains pays baltes craignent en effet que cela ne permette aux forces pro-russes d’entrer dans l’Union. La Finlande a décidé vendredi de fermer ses frontières aux touristes russes après que le nombre de Russes ayant franchi la frontière a doublé au cours des derniers jours.

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