La digital factory, un rempart à l’échec des transformations digitales

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Réussir sa mue digitale est aujourd’hui le grand défi des entreprises. Un impératif souvent vital qui s’entraîne avec lui des enjeux à la fois organisationnels et culturels.

Pourtant, 70 % des plans de transformation numérique se soldent encore par un échec1, alors que 89 % des décideurs informatiques ont conscience que leurs activités traditionnelles ou leur business model sont en danger si leur société ne se modernise pas dans les prochains mois2. Et, c’est bien souvent dans les sociétés établies que cette évolution peine le plus à se réaliser. Pour leur permettre de réussir cette transformation nécessaire, la Digital Factory apparaît comme un levier efficace, à activer sans attendre.

Délivrer la valeur digitale plus souvent, plus rapidement.

3 millions d’euros, c’est ce qu’ont coûté aux organisations françaises en 2021 les initiatives de transformation digitale qui ont échoué, ont été annulées ou réduites2. Un échec souvent dû à un manque de compétences en interne, à des silos résistants entre les départements, à une infrastructure technologique inadaptée, ainsi qu’à une résistance au changement de certains collaborateurs et managers. Les freins sont nombreux.

Or, la survie des entreprises est menacée par un grand nombre de phénomènes, parmi lesquels l’impératif de gagner en flexibilité, ainsi qu’en vitesse sur la production de leurs produits et services numériques. Quand Amazon réalise plus de 20 000 déploiements par jour sur ses applications, une majorité d’entreprises n’a d’autres possibilités que d’aboutir à une optimisation ou une nouveauté par trimestre. Se mettre en capacité d’aller au rythme des changements que l’on souhaite et de ceux portés par le marché est le seul moyen de continuer à exister et à performer. Et, c’est d’autant plus vrai dans une conjoncture complexe et incertaine.

L’enjeu : faire prendre la greffe digitale

Pour transformer à la fois ses méthodes, ses processus et ses outils, tout en faisant grandir une culture digitale dans l’entreprise, le plus efficace est encore de réussir une Digital Factory. Cela a été le choix d’entreprises comme Thalès, TotalEnergies ou encore Saint-Gobain. Au sein de ce type d’entité, cohabitent et collaborent souvent des équipes mixtes, composées à la fois de différentes compétences métiers de l’organisation et de l’expertise digitale d’un partenaire « digital native ».

Pourquoi un tel tandem ? Parce qu’insuffler une culture digitale, c’est ancrer les méthodes agiles dans les process, contribuer à désiloter les départements (qui collaborent souvent mal entre eux !), faire s’associer les compétences digitales utiles avec des compétences métiers, mais aussi les faire grandir. Enfin, c’est jugé un management plus adapté, lean ou agile, qui permet d’aplanir la hiérarchie (et donc d’accélérer la prise de décision), de favoriser le travail collaboratif pour tirer parti de l’intelligence collective et de créer l’adhésion des équipes aux décisions autour de changements profonds. Tout cela demande de la méthode et des savoir-faire. C’est pourquoi, dans la notion de Digital Factory, il y a aussi celle de transfert de culture de l’expert numérique vers l’entreprise. C’est seulement ainsi que la greffe numérique peut prendre.

Activer le mode sans fin

La transformation numérique s’apparente à un bouleversement permanent, un régime que l’on s’impose et qui reconnaît la transformation non pas comme une destination mais comme un engagement sans cesse nécessaire, pour s’adapter aux besoins changeants des clients et à l ‘évolution du marché.

La Digital Factory doit fonctionner comme un microcosme poreux au sein de l’entreprise qui vient reconstituer la chaîne de valeur de la production d’un site Web ou d’une application, tout en y ajoutant les fonctions métiers de l’entreprise. La clef est d’arriver à faire travailler ensemble des compétences qui n’ont pas l’habitude de coopérer, mais dont la synergie est nécessaire : le marketing et l’IT, le commercial et le juridique, etc.

Cette équipe resserrée va avancer, non plus en mode projet, mais en mode produit. Il ne s’agit plus de telle obtention ou telle fonctionnalité dans un temps donné, mais d’inscrire les actifs numériques (un site Internet ou une application) dans un cycle continu et permanent de conception, développement, tests, déployé et d’apprentissages .

Infuser progressivement la culture digitale

Une Digital Factory fonctionne, dans un premier temps, en parallèle de l’entreprise, ce qui permet à cette dernière de se transformer sans mettre en péril son activité. Cette distinction est fondamentale, car on ne change pas profondément une organisation en le décrétant. La Digital Factory doit donc disposer d’une gouvernance propre, mais aussi d’une véritable autonomie et d’un financement adapté. C’est ainsi qu’elle pourra profiter d’une boucle de décisions courtes, favorable aux itérations rapides, et aussi avancer à son rythme.

Progressivement, les collaborateurs de l’entreprise, engagés dans la Digital Factory, vont gagner en compétences et diffuser ces méthodes à l’ensemble de l’organisation. Jusqu’alors assis à l’avant du tandem, le partenaire digital va commencer par leur permettre le guidon, avant de se retirer progressivement pour les laisser poursuivre leur route transformative devenue désormais une mutation continue, mais aussi faisant partie de l’évolution naturelle et intrinsèque de l’organisation.

1 Étude Mc Kinsey – article du 10 juillet 2019 ou IEEE Engineering Management Review ( Volume : 49, Numéro : 3, 01 troisième trimestre, Sept. 2021)

2 Rapport Couchbase – 5e enquête annuelle menée dans différents pays auprès de 650 responsables informatiques, dont une centaine en France – juin 2022.

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