Les femmes dans le secteur du numérique : Un avenir prometteur

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Depuis plus d’une décennie, les femmes commencent à avoir une place de choix dans l’univers du numérique. Elles sont dirigeantes de start-up, développeuses de logiciels ou même investisseuses et business angels.

Quand on évoque des grands noms du monde de la high tech et du digital, ce sont principalement des hommes qui nous viennent à l’esprit. Et pourtant, depuis plus d’une décennie, les femmes commencent à se frayer une place de choix dans cet univers. Elles sont dirigeantes de start-up, développeuses de logiciels ou même investisseuses et business angels.
Au Maroc, la révolution des technologies d’information (TIC à l’époque) qui s’est opérée dans les années 2000 a permis aussi à quelques femmes de s’illustrer dans le domaine, à commencer par Saloua Belkziz Kerkri, PDG de GFI Le Maroc, qui n’est pas seulement connu comme l’une des femmes chefs d’entreprises les plus actives du continent africain, mais aussi du secteur des TIC.
Depuis, on a eu quelques success stories comme Pubonline, AGIRH, Proatech…, toutes dirigées par des femmes. Si le secteur du numérique est réputé être majoritairement masculin, la gente féminine a pu également s’imposer de plus en plus dans ce domaine.
«En 2017, j’ai été très bien définie par la Tech et j’ai décidé de rejoindre Avito, la première entreprise 100% Tech au Maroc. C’était pour moi une évidence. J’y ai passé trois années pendant lesquelles j’ai certes perfectionné mes compétences digitales, mais surtout appréhendé un nouveau mode de travail et de collaboration. Ce qui m’a inspiré la création de Digital Nomads Agency, une structure agile, faisant appel à un réseau d’experts, pouvant s’adapter aux besoins de nos clients et les accompagner dans le mais d’accélérer leur croissance digitale», explique Habiba Benjelloun, DG de l’agence conseil en numérique – DNA.

Haro sur les stéréotypes

Pourtant, tout n’a pas été rose dans ce domaine et les biais persistent encore. Pour Salma Kabbaj, co-fondatrice d’Impact Lab, structure d’accompagnement des start-up, « il est certain que nous évoluons dans un monde professionnel où les biais sexistes sont encore très présents. Une étude récente du Forum économique mondial a rendu à 268 ans le temps requis pour arriver à une égalité homme-femme dans le domaine économique au niveau mondial. Ce chiffre que je trouve effrayant reflète la taille des défis auxquels nos sociétés doivent encore faire face, que ce soit en termes d’accès à l’éducation et à l’emploi ou d’inégalités des salaires et des opportunités». Et de poursuivre que « bien que la situation évolue dans le bon sens, nous sommes loin de la parité ». Les femmes n’occupent pas plus de 30% des postes dans le digital».
A la base, les femmes s’autocensurent et se tournent moins vers certaines filières dans leur formation. Dans l’inconscient collectif, les formations technologiques et scientifiques étant proposées comme des voies d’insertions professionnelles plutôt masculines. Dans une école d’ingénieurs au Maroc, il faut compter seulement un tiers de filles sur une promotion de 100 étudiants. Ceci dit, la bataille n’est pas perdue pour autant. Si beaucoup de femmes ont pu faire leurs preuves dans plusieurs domaines comme le marketing ou la communication, il est certain qu’elles peuvent aussi le faire dans le digital.

Devenir plus visibles

Selon Habiba Benjelloun, « les femmes sont encore minoritaires dans la Tech, ce qui impacte leur développement et freine malheureusement l’accès aux connaissances, au réseau et à la reconnaissance. Nous sommes encore confrontés à plusieurs biais de jugement, du fait du manque de visibilité des femmes dans le digital et la Tech. J’ai dû être moi-même confrontée à ces difficultés et à une forme d’inégalité avec mes collègues hommes. Ceci dit, j’ai la chance de travailler avec des femmes entrepreneuses talentueuses et inspirantes qui sont clairement un atout pour l’innovation digitale au Maroc».
L’entrepreneuse a d’ailleurs accompagné de nombreuses start-up à se développer. Pour elle, quel que soit le métier, le numérique prend une place importante. Non seulement les femmes sont de plus en plus fournies par le numérique, mais elle observe chez elles une vraie capacité d’adaptation, d’ouverture et envie d’approfondir leurs connaissances dans le numérique. Elles se donnent les moyens de développer cette expertise et de se munir des meilleurs outils pour y parvenir. «Je crois beaucoup au réseautage et au mentorat. C’est un excellent moyen d’aider à surmonter les difficultés que l’on peut connaître les femmes dans le domaine de la Tech et du numérique. C’est également un atout business très important. C’est pourquoi les femmes dans la Tech devaient se rendre plus visibles et partager davantage leurs expériences. Il faut encourager et multiplier les initiatives favorisant le développement des femmes dans la Tech et le numérique. Pour ma part, je suis membre du Réseau Entreprendre où j’anime des workshops dans le marketing digital et mentore des projets de start-up Tech», ajoute-t-elle. Idem pour Salma Kabbaj qui a conclu que pour «la famille, les structures académiques, les médias, les investisseurs…, il est de la responsabilité de tous de contribuer à construire un discours positif qui encourage les femmes à s’engager dans les métiers du numérique , et même à devenir actrices du secteur ».

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