Les influenceurs vs le reste du monde ?

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Aujourd’hui quand on parle d’influenceurs en France, l’opinion publique, pour une majorité, fait le lien avec la télé-réalité et les contours qu’on lui connaît. Cette catégorie d’influenceurs occupe une large place dans l’espace publico-médiatique mais représente moins de 1 % des influenceurs en France. Que risque-t-on à avoir ce propos de réduire face à l’influence, qui se fait sur les réseaux sociaux, autrement dit là où s’informe l’ensemble de la jeunesse française ? Jeunes, parents, enseignants, consommateurs, marques, médias, écosystème publicitaire, pour chacun d’entre eux l’influence est omniprésente d’une façon ou d’une autre, il est temps de faire le point et d’acheminer les consciences vers la compréhension de cet écosystème.

Influenceur, un métier ? Cette terminologie au fond n’est pas adaptée, nous ne définissons pas un métier par le résultat de sa mission, appelons-le par ce qu’il est vraiment, un créateur de contenus. Les créateurs de contenus s’imposent dans le paysage socio-économique de notre société. Ils sont près de 150 000 en France à s’adresser quotidiennement ou presque à leurs communautés respectives. Ici on parle bien de communauté, car derrière un créateur de contenu se trouve toujours un groupe social dont les membres partagent des intérêts communs. Jamais un créateur de contenu n’ira contredire ses valeurs, et l’engagement qu’il a auprès de sa communauté. Il en perdrait sa popularité et donc l’intérêt qu’elle lui porte.

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Ces créateurs de contenus avec leurs communautés deviennent une nouvelle forme de média et collaborent aujourd’hui de plus en plus avec les marques qui s’adaptent pour s’adresser à leurs cibles de façon créative et engagent les consommateurs. Ce qu’elles recherchent sont des ambassadeurs, en adéquation avec leurs valeurs et une adhésion du consommateur réfléchie. La mode, les voyages, la nourriture, les jeux vidéo, le bricolage… tous les intérêts sont dans la nature et gravitent par les réseaux sociaux. Ensuite, tout est une question d’optimisation stratégique pour ces marques qui s’orientent vers des passionnés qui sont de puissants relais.

Au XXIe siècle, il y avait des gens qu’on appelait « influenceurs »

Chez Reech, nous avons mené en sept années 1500 campagnes avec près de 30 000 influenceurs. Pas une seule fois les marques nous ont sollicités en nous disant « je veux travailler avec un influenceur de la télé-réalité à Dubaï parce qu’il dépasse le million de followers », pas une seule fois…. Il est donc dangereux pour tous les professionnels, qui ont fait de l’influence marketing leur métier, de réduire leur approche à une simple sollicitation d’un influenceur millionnaire à Dubaï… Ce sont des métiers de créativité, d’analyse, dans lesquels la demande les données jouent un rôle important.

Aujourd’hui, avec la multiplication des attaques, certains acteurs du marché ne cessent de défendre l’influence marketing auprès du plus grand nombre. Il n’est pas normal de voir des professionnels de l’influence ressentie une gêne à l’égard de leur métier. Ce gêne vient de l’amalgame dont pâtit l’influence. Il est urgent, pour les années à venir, que la pédagogie soit faite autour de ce secteur, aussi pour les nouvelles générations.

Les nouvelles générations vivent avec l’influence et grandiront avec. Elles sont nées avec les réseaux sociaux à portée de main et choisissent de se divertir et de s’informer différemment. D’ailleurs, à une époque pas si lointaine, lorsque l’on questionnait un enfant sur son métier d’avenir, pompier ou astronaute étaient les métiers les plus plébiscités. Aujourd’hui, le métier d’influenceur fait rêver les plus jeunes. D’où l’importance d’acquérir une meilleure connaissance de l’influence et de son marché. Un cap est déjà passé grâce à certaines écoles qui proposent des matières dédiées à l’influence pour accompagner au mieux les étudiants et les anciens correctement à ces nouveaux métiers d’avenir.

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Ces influenceurs qui subissent les critiques le sont parce qu’on leur reproche l’argent facile, la manipulation de leur communauté et leur manque de transparence et d’éthique alors que leur responsabilité est forte vis-à-vis des jeunes générations. Néanmoins, pour tous les autres créateurs de contenus, ils ont composé avec eux est une force pour les marques, les messages forts sont plus entendus, les campagnes de prévention sont plus efficaces et les grands sujets sociétaux sont tout à coup observés avec intérêts de la part des jeunes générations…

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Tout cela fonctionne dans la confiance, un cercle de confiance entre les consommateurs et les créateurs de contenus. 55 % des créateurs de contenus indiquent d’ailleurs avoir déjà refusé une collaboration par incompatibilité avec ses valeurs*. Comme tout marché récent, la réglementation qui entoure l’influence marketing doit encore se développer, beaucoup de choses ont déjà été mises en place même si cela n’avance pas aussi rapidement que l’ancrage de l’influence dans notre société. Il faut y remédier. Y pourrait s’asseoir la transparence de l’écosystème et permettre le marché dont la croissance est certaine.

*Etude Reech 2021 « Les influenceurs x les marques » Sondage réalisé auprès de plus de 1400 influenceurs français.

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