Média Participations rachète izneo à la Fnac pour plus de webtoon

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Suite au départ de Luc Bourcier, PDG de izneo durant près de 7 années, c’est donc Ainara Ipas qui prendra les rênes du service fondées en 2010. La future directrice générale, dont l’entrée en fonction sera officialisée ce 5 septembre, affiche un parcours éclectique : une expérience marketing aux éditions Albert René (Astérix, donc) de même que dans les studios Paramount Pictures, avant d’intégrer le groupe Steinkis, comme directrice marketing.

Elle est entrée chez Amazon en 2017, pour diriger Kindle Direct Publishing, service d’autopublication du cybermarchand, puis a pris la tête d’Audible, la filiale dédiée au livre audio en mai dernier.

Expansion numérique chez Média Participations

Une véritable stratégie se dessine, en ce qui concerne les derniers investissements qu’a réalisés le groupe au cours des mois passés. En avril, c’était la plateforme de streaming musical Deezer qui était concernée : le PDG de Média, Vincent Montagne, a décidé d’entrer au capital, accompagnant l’introduction en Bourse de l’entreprise.

« La réflexion porte sur des cocréations autour de nos œuvres — dans tous les segments éditoriaux. De même, nous cherchons un partage de compétences, de savoir et de technologique, pour enrichir les expériences clients, dans ce qui touche au mobile», explique le directeur général adjoint, Julien Papelier, à ActuaLitté.

Fin juillet, on apprenait le rachat d’Anime Digital Network, plateforme vidéo cofondée avec Viz Media Europe. Et ce, dans la perspective de créations originales, ainsi que l’arrivée de nouvelles séries – l’offre était principalement activée animation japonaise. Un segment particulièrement compétitif, mais comme le rappelait le DGA : «La France reste un pays de référence sur tout ce qui touche à la japanime, ce qui plaide en notre faveur . »

Et d’ajouter : «Les investissements importent, mais le modèle de Média est celui d’une vision à long terme, impliquant également une gestion des marques. Nous avons des approches assez uniques à mettre en avant.» On mesure mieux, dès lors, commentez l’acquisition des parts izneo de Fnac prolongée la stratégie numérique issue des transactions précédentes réussies.

Préserver les acquis

En 2016, la Fnac acquérait en effet 50 % du capital d’izneo, affirmant de la sorte une volonté de développement dans le numérique : actionnaire majoritaire de l’outil, tout à la fois librairie et distributeur de BD numérique, l’enseigne confortait ses «liens avec des acteurs essentiels du marché du livre avec lesquels nous partageons la même vision et les mêmes intérêts de long terme», assure Coralie Piton, directrice de la stratégie et directrice du Livre de la Fnac.

Mais au fil du temps, la consommation numérique de BD franco-belge s’est émoussée, voire ne représente qu’une proportion infime des habitudes de lecture. De fait, des enquêtes ont révélé que les lecteurs optent à 30, voire 40 %, pour les mangas quand il s’agit de numérique — incluant des offres pirates. Et ce, contre 1 % quand il s’agit des titres franco-belges, nous précisons Julien Papelier.

«Concernant izneo, la Fnac était vendeuse, et nous avons vu là une opportunité. Intégrer cet outil à Média Participations préserve tout d’abord le travail de Luc Bourcier et de ses équipes, tout en prolongeant notre vision sur l’avenir de la lecture digitale», poursuit-il.

Avec l’arrivée de géants coréens dans le paysage éditorial, et leur offre de webtoon, entre autres, le groupe de Vincent Montagne «ne souhaite pas laisser le marché à ces acteurs. Dupuis a débuté une offre avec Webtoon Factory en janvier 2019 : nous avons notre rôle à jouer et izneo incubera et développera de nouveaux projets, tant en créations originales qu’en commercialisant des œuvres venues d’Asie».

Recentrer l’offre éditoriale

Or, depuis 2018, les résultats de izneo creusent le déficit : en 2020, un chiffre d’affaires de 3,84 millions €, avec 446.000 € de pertes et sur 2021, 3,07 millions € de CA, et 673.000 € de pertes . «Le pari de la BD franco-belge n’est pas gagnant, comme je l’explique, parce que les lecteurs de ces ouvrages privilégient le papier», pointe le directeur général adjoint.

Les données GfK le confirment : 85 millions d’exemplaires délivrés, 890 millions € de chiffre d’affaires, en croissances respectives de 60 et 50 % de 2020 à 2021. La bande dessinée représente sur le marché français un livre vendu sur quatre, surpassant désormais les livres jeunesse.

À LIRE : Plus de 7 millions de Français ont acheté une BD en 2021

«Pour les 15/25 ans, l’offre d’izneo était peu lisible : ils venaient sur internet pour un genre spécifique – manga, webtoon – qui était alors plongé dans l’ensemble des titres que la plateforme propose. Depuis plus d’un an, nous travaillons à une nouvelle formule, qui sera dévoilée en octobre. Les équipes d’izneo seront aux commandes, avec une refonte qui conférera une identité plus spécifique», confirme Julien Papelier.

Par ailleurs, le volet diffusion numérique demeure : les actionnaires minoritaires historiques de izneo comptent nombre d’éditeurs, qui ont suivi la nouvelle orientation. «Ce volet professionnel évalué dans des modalités qu’il reste à évaluer. Nous transférerons désormais avec des partenaires plus proches de nous, ce qui changera l’équilibre des activités actuelles.»

Ainara Ipas, dont le groupe apprécie «la connaissance du monde de la BD», pour son implication dans l’événement Les 48 h BD, disposera d’une feuille de route particulièrement chargée. Rappelons en effet qu’elle fut impliquée dans l’événement 48H BD, une opération menée sur un week-end, avec une dizaine de titres vendus pour 2 € en librairies. Cette année, l’édition s’était déroulée les 1er et 2 avril, en France et en Belgique, avec plus de 200.000 exemplaires remisés et de nombreuses animations.

crédits photo : © izneo.com

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