Notre environnement alimentaire influence notre santé : peut-on accéder facilement à une alimentation saine ?

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At-on facilement accès à une alimentation saine ? En novembre 2022 dans le Journal de l’American Heart Association, les scientifiques ont publié une nouvelle étude. Ce dernier produit a encore montré que les populations ayant le moins accès à des sains avaient un taux de mortalité par insuffisance cardiaque plus élevé que les autres. « Cette étude confirme ce que l’on savait déjà. Les populations les plus précaires n’ont pas accès à la nourriture de bonne qualité. Ceci augmente les maladies», explique la docteure Mélissa Mialon, chercheuse en nutrition. Elle poursuit : «notre statut socio-économique, tout comme l’environnement dans lequel nous évoluons, accomplissons le fait qu’on va tomber malade ou pas ».

Une alimentation saine pas toujours accessible

« En France, on nous dit « ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé, bougez plus”. C’est un message très simpliste. La plupart des gens n’ont pas le choix de manger comme ça», constate la chercheuse. La « malbouffe » est plus facile d’accès. Elle permet de se sustenter plus rapidement qu’avec des aliments de meilleure qualité. Les personnes avec le moins de moyens se tournent vers des « calories vides ». Ce sont des calories qui ne contiennent pas ou peu d’éléments nutritifs et de micronutriments comme les vitamines ou les minéraux. Et ce, par nécessité.

« Les plus précaires n’ont pas pour autant le temps de se préoccuper de la qualité de ce qu’ils mangent. Ils font avec ce qu’ils ont, avec l’argent dont ils disposent et avec les commerces qui se trouvent à proximité», ajoute Mélissa Mialon. Et cela impactera leur qualité de vie. Selon le ministère de la santé et de la prévention, «Dès l’âge de six ans, les enfants d’ouvriers sont 4 fois plus touchés par l’obésité que les enfants de cadres. 16 % sont en surcharge pondérale et 6 % sont obèses contre respectivement 7 % et 1 % chez les enfants de cadres ».

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Un manque de données lié à une individualisation de la nutrition

Dans l’Hexagone, sociologues et nutritionnistes sont persuadés que la responsabilité d’une bonne alimentation, et donc d’une bonne santé, repose sur les épaules des individus. Cela conduit à laisser de côté tout un pan de la recherche. Les scientifiques français, tout comme le gouvernement, manquent ainsi cruellement de données sur les environnements alimentaires des français. Contrairement aux États-Unis, où on a très bien cartographié les déserts alimentaires. Ce sont des espaces où les habitants ne peuvent pas se procurer d’aliments sains à des prix abordables.

En France, en revanche, les données sont inexistantes. Et sans données, comment prendre des mesures pour limiter l’impact sur les populations ? « En France, on ne sait pas où se trouvent les déserts alimentaires. On ne peut donc pas savoir s’il y a des inégalités. Nous sommes très portés sur la nutrition individuelle, la découverte d’un lien entre un gène et l’obésité. Mais rien n’est fait au niveau des populations, les territoires ne sont pas comparés», se désole la docteure.

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La malbouffe est souvent plus abordable pour les personnes ayant peu de revenus.
Crédits : Pixabay.

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Une manie pour les industriels

C’est dans ces déserts alimentaires, majoritairement des quartiers pauvres, que les industriels de l’agroalimentaire concentrent leurs efforts marketing. « Cibler ces quartiers va permettre aux industriels de vendre leurs produits. En effet, ils ne sont pas chers et plaisent. Ils fument la place d’aliments sains. Au lieu de faire de la publicité sur des panneaux, sponsoriser du sport ou des vacances parait plus inoffensif, mais est en réalité bien plus efficace», soupire Mélissa Mialon. Ainsi, on a pu voir Kinder sponsoriser des colonies de vacances pour les enfants de milieux défavorisés, McDonald’s financer des activités sportives pour le même public, ou encore Coca-Cola proposer un programme en faveur »du lien social dans les quartiers prioritaires” comme indiqué sur leur site. Cela ne fait que renforcer la présence de la malbouffe dans des quartiers défavorisés.

Le marketing au centre des discussions, mais pas pour une alimentation saine

« En santé publique, on essaie de mettre des taxes, ou d’aider les familles à acheter ce qui est bon pour la santéé”, précise la chercheuse. Depuis une quinzaine d’années, le gouvernement a mis en place de nombreuses mesures pour lutter contre l’obésité, en particulier celle des enfants. En 1991, la loi Evin limitait le droit de faire de la publicité pour l’alcool. En 2005, il interdisait les distributeurs automatiques dans les établissements scolaires. La taxe soda augmente le prix des boissons sucrées. On l’a mise en place en 2012 en France, puis progressivement dans d’autres pays. En 2016, le Nutri Score a fait son apparition sur les boîtes d’aliments, même s’il n’est pas encore obligatoire. En 2017, on a proscrit les sodas à volonté dans la restauration. Pour Mélissa Mialon, «les lois qui limitent le marketing sont celles qui fonctionnent le mieux, et c’est d’ailleurs ce que recommande l’OMS”.

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