Sarah-Diane Eck, la reine de la blockchain – DECIDEURS MAGAZINE

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Après plusieurs années de recherche et développement, Sarah-Diane Eck a lancé en 2021 un protocole de blockchain, Lum Network. Son objectif ? Que la technologie qu’elle propose en open source serve des projets dans des domaines aussi divers que l’agroalimentaire, la finance ou encore le marketing.

Sarah-Diane Eck tombe dès 2015 dans la marmite de la blockchain, une technologie connue surtout à l’époque pour les cryptomonnaies dont elle permet l’existence. La future entrepreneure dresse alors un constat. Au temps de l’Égypte ancienne, les premières monnaies prenaient la forme de récompenses qui, en fonction de votre statut, avaient plus ou moins de valeur et permettaient d’acheter des biens de consommation ou des services. Un système qui a certes pris un autre visage aujourd’hui mais perdure à sa façon lorsqu’une marque émet des points afin de récompenser la fidélité de ses clients. Sarah-Diane Eck donne l’exemple du programme des miles, dont la valeur dépasse celle des dollars papier en circulation. « Les systèmes de fidélité constituant une vraie économieconstate-t-elle. En faisant le parallèle entre les anciennes et nouvelles monnaies, je me suis demandé comment on pouvait utiliser les nouveaux systèmes pour créer du lien entre les marques et les consommateurs.« 

Un projet en open source

En 2016, Sarah-Diane Eck lance son premier projet avant de constituer deux ans plus tard une équipe dédiée au déploiement d’une blockchain. En 2021, après trois ans de recherche et développement, l’entrepreneuse décide de structurer et professionnaliser sa technologie. C’est le lancement de Lum Network, un protocole de blockchain en open source à but non lucratif. Son objectif ? Que la blockchain soit utilisée dans le monde réel, à travers différents projets.

La preuve par la start-up

Sarah-Diane Eck n’attend pas longtemps avant de réussir un premier cas d’usage, avec la naissance en 2019 d’une application mobile baptisée Surprise, start-up rachetée depuis par le leader européen de l’expérience client, Skeepers. Son principe : permettre aux marques de donner facilement des récompenses en cryptomonnaies aux utilisateurs qui s’engagent auprès d’elles.

Sarah-Diane Eck, qui travaille actuellement sur un projet financier ayant trait aux ETF, ne cache pas son envie de voir d’autres domaines concernés par cette technologie. Elle pense au secteur agronomique, qui pourrait y trouver une utilité en s’appuyant sur l’immunité de la blockchain pour répondre aux enjeux de traçabilité. Car la PDG se passionne pour de nombreux sujets, qu’elle n’hésite pas à étudier plus jeune.

Elle consacre une partie de son temps à évangéliser et vulgariser les nouveaux usages

Alors qu’elle gagne les bancs d’Agro Paris Tech, Sarah-Diane Eck s’attelle à mettre en place un double diplôme entre son école et HEC. À ce cursus, la jeune femme décide d’adjoindre une corde supplémentaire à son arc, en apprenant « une autre langue« , celui du droit grâce à un double cursus à Assas. Sarah-Diane Eck commence chez Gide avant de rejoindre Louis Dreyfus à Amsterdam sur des sujets d’agro, de management et de fiscalité. « Mon intérêt pour la technologie continuait à se développer, je suivais toutes les actualités de ce nouvel écosystème. Je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’une vraie passion« , confie celle qui sera débauchée en 2015 par 1000mercis où elle œuvrera en tant que data privacy lead.

Engagée

Sarah-Diane Eck consacre une partie de son temps à évangéliser et vulgariser, notamment auprès des pouvoirs publics, les nouveaux usages. Ce qui passe en partie par un engagement au sein de France Digitale, dont elle est la vice-présidente depuis 2018. »J’œuvre à ce que la blockchain soit bien appréhendée, bien comprise et utilisée à des fins positives pour la société et l’environnement« , explique-t-elle. Un travail de longue haleine dans cette période tempétueuse traversée par les cryptomonnaies.

Mais Sarah-Diane Eck reste solide sur ses appuis. Elle qui a pratiqué le dressage à haut niveau pendant des années à pris conscience avec le temps des bienfaits de l’exercice de cette discipline équestre : « Je me rends compte que lorsque l’on fait du sport étant jeune, et peut-être d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un sport pratiqué avec des chevaux nerveux et puissants, cela aide à développer la force mentale nécessaire pour rester concentré même dans des situations stressantes.« Qu’on se le dise, il faudra continuer à compter dans le futur sur sa volonté d’agir.

Olivia Vignaud

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